Streets of Philadelphia
La première capitale des States a trouvé un moyen efficace pour revitaliser ses quartiers deshérités. Les fresques murales s'y comptent désormais par milliers. Une initiative artistique - et économique - exemplaire.

En 1997 le MAP est appelé pour exécuter six fresques historiques majeures en moins de huit semaines pour un sommet présidentiel sur le bénévolat. Al Gore lui-même prend un pinceau et se joint aux bénévoles pour œuvrer le long d'une des grandes avenues de Philly. Les volontaires dépassent la centaine. En 2000, le MAP investit le centre avec une composition de Peter Pagast : une Liberté portant le monde, haute de onze étages. Elle est toujours visible, et absolument pas abimée, en vis-à-vis de l'hôtel de ville.

En voisin du New Jersey, Bruce Springsteen se sert d’une fresque comme décors pour le clip de sa chanson Streets of Philadelphia. Nombre de rappeurs font de même. Suit la mise en route de vingt camions recyclés et peints promouvant l’action du MAP et la responsabilité environnementale. Les « murals » sont désormais éclairés à la nuit, avec des ampoules basse consommation. Un son et lumière est créé le long de la rivière Schuylkill.
« C’est aussi un plus pour l’économie locale, commente Jerry Silverman, un des responsables historiques du MAP. Désormais 18 000 touristes par an visitent les sites à pied, à bicyclette, en tramway, lors de tours guidés. Avec les droits dérivés à l’image, cela génère un total de 2,2 millions de dollars. » Le PAM emploie environ 250 personnes (artistes, professeurs, conférenciers, etc…). Il reçoit des demandes de villes américaines mais aussi de l'étranger. Si la fresque la plus chère a coûté environ 470 000 $, le coût moyen pour exécuter une œuvre est de 25 000 à 30 000 $.
« Les projets et le choix des motifs se décident en commun avec les habitants. Les propriétaires des murs doivent bien sûr avant tout donner leur accord. Ils peuvent aussi disposer de leur bien par la suite comme ils l’entendent », précise Jerry Silverman qui n’a que l’embarras du choix pour montrer les travaux. Le voilà maintenant contrait de thématiser ses circuits. « On me demande de voir les fresques les plus spectaculaires ou les plus originales, ou les plus anciennes. Ou encore celles afro-américaines.


Les fresques murales influencent aussi les autres arts et artistes comme en témoignent nombres d'oeuvres des étudiants de la Pennsylvania academy of the fine arts, la plus ancienne école d'art des Etats-Unis (fondée en 1805).
Dans South Street, le Soho local, et ailleurs les commerçants jouent le jeu. Leurs devantures rivalisent de couleurs pétaradantes et d'imagination. De la boutique de vêtements branchés au vendeur de hot dogs.
Et jusqu'à la caserne des pompiers!
En 2009 un audit commandé par la Ville constatait que le MAP s’avérait un des cinq meilleurs investissements publics. « Nos projets sont aussi moteurs avant mêmes qu’ils soient terminés car partout où nous passons les valeurs immobilières sont à la hausse ». Un salutaire paradoxe à l’heure où les subprimes continuent d’occasionner des ravages partout sur le territoire.
En 2009, le MAP était la seule organisation artistique à recevoir une aide financière du Département américain de la Justice. Un partenariat de trois ans. Pour sa part Jane Golden est devenue professeur invitée à l'université de Princeton et occupe aussi un poste d'instructeur adjoint à la Pennsylvania academy of fine art. Elle a été nommée l'une des personnes les plus influentes de la ville par le principal news magazine de Philadelphie.
En 2009, le MAP était la seule organisation artistique à recevoir une aide financière du Département américain de la Justice. Un partenariat de trois ans. Pour sa part Jane Golden est devenue professeur invitée à l'université de Princeton et occupe aussi un poste d'instructeur adjoint à la Pennsylvania academy of fine art. Elle a été nommée l'une des personnes les plus influentes de la ville par le principal news magazine de Philadelphie.
Rens : (215) 685-0750. http://www.muralarts.org/